17
octobre
2018

Après un peu plus d’un an de négociations intenses en vue du renouveler l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les États-Unis, le Canada et le Mexique sont arrivés à une entente le 30 septembre 2018, qui a été rebaptisée l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). Les résultats de ces pourparlers favorisent principalement les États-Unis et permettent au Canada et au Mexique de maintenir certains acquis et de limiter leurs pertes. Voici donc une analyse préliminaire des principaux éléments que l’on retrouve dans l’AEUMC, dont notamment ceux visant directement le secteur agricole.

Dans les produits laitiers

Un des secteurs de l’économie canadienne les plus touchés par l’entente est l’industrie laitière. Tout d’abord, une ouverture d’environ 3,6 % du marché des produits laitiers canadiens est accordée aux États-Unis. Cet accès, consenti dès la première année d’application de l’entente, touche le lait frais, la crème, la poudre de lait écrémé, les fromages, le beurre et les yogourts. Ces importations représentent quelque 100 000 tonnes de produits laitiers.

L’accès de ces produits est octroyé graduellement, en tranches égales, au cours des six premières années de la mise en œuvre de l’accord. À la septième année, les quantités importées pourront augmenter à un taux de croissance annuel de 1 % pour treize années subséquentes.

La nouvelle entente implique également l’élimination des classes 6 et 7, sur une période de six mois après la mise en application de l’entente. Les prix canadiens des solides non gras utilisés dans la fabrication de poudre de lait écrémé, de concentré protéique et de lait infantile devront être calculés en fonction d’un prix de référence américain convenu. De plus, le Canada s’engage à limiter ses exportations totales de ces produits vers les États-Unis et vers les autres pays.

En ajoutant l’accès cédé aux Américains aux pertes de l’AECG et du PTPGP, c’est près de 800 millions de litres de lait qui ne seront plus produits par les producteurs canadiens. L’équivalent de la production annuelle de 1 200 fermes laitières moyennes du Québec. En appui au secteur, le premier ministre, Justin Trudeau, s’est engagé publiquement à dédommager « pleinement » les producteurs laitiers du Canada. Par contre, aucune annonce détaillée n’a encore été faite à ce sujet.

La volaille et les œufs

À première vue, les secteurs de la volaille et des oeufs devront offrir un accès équivalant ou quelque peu supérieur à ce qui est offert dans I’ ALE NA. Par contre, d’autres facteurs pourraient avoir un impact sur les niveaux de concessions telles la croissance des secteurs et l’interdépendance entre les productions (ex. : les oeufs d’incubation et le poulet).

Au marché déjà accessible aux États-Unis s’ajoute une ouverture de 57 000 tonnes au terme des six premières années d’application de l’entente. À la septième année, une croissance de l’accès de 1 % par année sera accordée aux Américains pour une période de dix ans, ce qui amènerait le contingent tarifaire à 62 963 tonnes.

Au sujet du dindon, les importations permises en provenance des États-Unis entraîneraient une ouverture potentielle d’un peu plus de 17 % du marché du dindon au Canada.

Pour les œufs de consommation, un accès de 10 millions de douzaines est donné à notre voisin du Sud dès la première année de mise en œuvre de l’entente en plus du marché déjà consenti avant cette entente. À la deuxième année, un accès annuel supplémentaire de 1 % sera accordé pour une période de 10 ans.

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