2
novembre
2018

L’agriculture est mise à mal depuis fort longtemps, mais la signature du dernier accord commercial avec nos voisins du sud, c’est la cerise sur le sundae! Ce qui est d’autant plus décevant, c’est de constater que nos dirigeants invitent les impérialistes américains à notre table sans plus d’égard à la vitalité de nos industries agricoles. Trahison serait le mot approprié.

On a longuement parlé de la gestion de l’offre écorchée pour la troisième fois dans les dernières ratifications d’accords internationaux. Au final, les producteurs laitiers cèdent près de 10 % de leur marché, soit quelque 25 jours de travail annuellement. Ça mon ami… ça fait mal. Mais histoire d’ajouter l’insulte à l’injure, notre petit Napoléon américain est si assoiffé de conquêtes que ses mésententes avec la Chine précipitent l’industrie du porc et du maïs canadien près du gouffre. Bref, c’est tout le monde agricole qui est bouleversé, fragilisant le tissu rural, des milliers de famille, des dizaines de milliers d’emplois et plusieurs milliards de dollars en retombée économique.

Face à la mollesse de notre gouvernement… que faire ? Eh bien, je vous rappelle qu’au-delà des beaux minois et des grands parleurs, le gouvernement c’est nous! En se serrant les coudes, on peut faire la différence et amoindrir les impacts de cette décision honteuse. Nous, consommateurs, avons le pouvoir : celui de boycotter, dans la mesure du possible, tous les produits alimentaires américains. Les normes de production au Canada sont plus élevées qu’ailleurs, nos produits sont de qualité et nous n’avons jamais rien sacrifié sur cet aspect. Peut-on en dire autant de nos voisins?

Dans les prochaines semaines, nous solliciterons votre appui et celui des médias. Nous déploierons une stratégie d’identification qui facilitera le choix pour les consommateurs. Recherchons les identifiants Aliments du Québec, la vache bleue des produits laitiers canadiens, Fromages d’ici, et plus près de nous, le Miam (Meilleur de l’industrie agroalimentaire de la Mauricie). Ce logo est la certification que le produit a été produit et transformé dans notre région.

Enfin, quand j’aurai une cerise à mettre sur un sundae, j’exige un sundae made in Canada! Rien de moins!


7
juin
2016

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Il faut bien constater que la décarbonisation (réduction de la dépendance au pétrole) est en marche partout sur la planète. Pourquoi en serait-il différent en agriculture? Conséquemment aux récentes positions de l’Union et de certaines de ses fédérations régionales, dont la Mauricie, sur le projet Oléoduc Énergie Est, l’agriculture doit et devra restreindre au minimum sa dépendance aux carburants.

Il est vrai que les alternatives au pétrole en milieu agricole ne sont pas toujours à portée de main. Néanmoins,  ne serait-il pas venu le temps d’envisager de nouvelles façons de faire à la ferme quant à la consommation de carburant? Récemment, des portraits de la consommation énergétique, réalisés pour 30 entreprises en Mauricie, ont démontré un potentiel réel d’économie. Celles-ci résident dans l’adoption de nouvelles pratiques de travail du sol, d’entretien des équipements, d’une utilisation optimale des tracteurs, mais surtout d’un changement de mentalité.

Avec les récentes visées du gouvernement du Québec quant à la réduction des hydrocarbures, pourquoi ne pas développer et investir dans la recherche d’innovations énergétiques? Voilà une vraie perspective de développement : une énergie propre au profit d’une agriculture et d’une foresterie pérenne.


11
mai
2016

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Au projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada, l’UPA Mauricie dit non! Depuis maintenant plus de trois ans, le dossier fait couler beaucoup d’encre sur l’éventuel passage de 1,1 million de barils de pétrole par jour sur notre territoire. Cette infrastructure traversera nombre de terres agricoles et forestières et nous avons de bonnes raisons de croire que les dangers pour l’environnement sont réels et que l’activité agricole y sera également entravée.

En 1978, les Québécois se dotaient de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA). Devant une ressource collective non renouvelable et face à l’importance de nourrir notre population, les élus du temps croyaient nécessaire de protéger la zone agricole de l’effritement et de la spéculation. Force est de constater que le projet de TransCanada s’avère contraignant quant au respect de cette loi. En effet, sur plus de cent kilomètres en Mauricie, des infrastructures seront enfouies dans le sol et deux stations de pompage seront installées sur notre territoire, brimant l’accès et le plein usage des terres de plusieurs dizaines d’entreprises agricoles et forestières.

D’autre part, cet oléoduc ne traversera pas moins de dix rivières en Mauricie. À ce titre, une étude récente de Polytechnique Montréal relevait que le passage de cette infrastructure sur huit de ces rivières était à « risque élevé » en raison notamment des glissements de terrain. La population peut-elle courir le risque d’un déversement dans ses cours d’eau potable?

L’entretien des infrastructures et la responsabilité civile en cas de désastres soulèvent encore beaucoup de questions non résolues. Qui sera responsable en cas de déversements? Quel type de dédommagement sera-t-il octroyé à nos producteurs en cas de sinistres? Qui entretiendra cette infrastructure une fois sa durée de vie terminée (40 ans)?

On nous dira que c’est pour le développement économique du pays. Eh bien étant donné que la filière bioalimentaire mauricienne représente 7 % de toute l’activité économique de la région et que nous occupons 16 % du marché de l’emploi en Mauricie, une fois cette tuyauterie installée, les faibles 33 emplois promis par TransCanada pour le Québec entier ne semblent guère satisfaire nos intérêts économiques. Dans quarante ans la production agricole existera encore. Assurons-nous de protéger la qualité de nos sols et de nos cours d’eau.

Si nous voulons être cohérents avec les récentes visées du gouvernement du Québec quant à la réduction des hydrocarbures, pourquoi ne pas exploiter et développer notre potentiel hydroélectrique, celui qui caractérise si bien notre région? Voilà une vraie perspective de développement régional : une énergie propre au profit d’une agriculture et d’une foresterie pérenne.


29
avril
2016

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Notre très dévoué gouvernement du Québec en matière d’agriculture — et vous comprendrez ici mon ironie — a annoncé dernièrement le transfert de la gestion du Programme de crédit de taxes foncières agricoles au ministère du Revenu. Depuis des années, ce pilier du modèle agricole québécois a favorisé l’établissement dans des productions diversifiées sur l’ensemble du territoire.

Bien que peu importe qui administre ou non ce programme, les changements y étant associés sont plus que préoccupants. Sans entrer dans une gymnastique complexe telle que le gouvernement nous a habitués dans l’administration de ses programmes, il appert que l’harmonisation du taux de remboursement, dorénavant établi à 78 %, représentera une hausse moyenne de 30 % à 40 % de la facture pour nos producteurs agricoles. Exclusion des taxes scolaires, abolition du crédit pour les premiers 300 $ de taxation, ne sont que quelques nouvelles mesures associées à la refonte de ce programme.

Le gouvernement est pressé pour la mise en fonction de cette réforme. Effectivement, il a comme visé janvier 2017 pour son application. Va-t-il profiter une fois de plus du « bâillon » pour faire adopter ces changements à l’Assemblée nationale? Rappelons que cette procédure d’exception est utilisée par le gouvernement pour faire adopter une loi controversée ou urgente en diminuant le temps nécessaire aux discussions. Nous verrons bien s’il utilisera cette stratégie.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Nos voisins de l’Ontario ont d’ailleurs une procédure beaucoup plus digeste administrativement et d’autant plus réaliste de l’évaluation de la valeur foncière des terres. En effet, les municipalités fixent elles-mêmes le taux d’impôt foncier dans le respect de la valeur préférentielle et ces mêmes terres sont évaluées selon leur capacité de produire; leur valeur agronomique. Bien trop simple pour nous… voyons!

Encore une fois, on refile la facture aux producteurs qui se dévouent corps et âmes pour assurer la viabilité de leur entreprise pour le bien commun : nourrir la population. Histoire de paraphraser un confrère : bientôt, on mangera de l’asphalte!


16
septembre
2015

Agriculteurs, agricultrices, la période électorale fédérale actuelle est le moment de faire connaître nos attentes à nos futurs leaders. Force est de constater que l’agriculture est relayée à un rôle mineur dans le discours des politiciens. Nous exigeons des engagements clairs des partis politiques représentés afin que notre regroupement puisse se positionner de manière franche sur ce qui nous sera offert dans les prochains mois et années. Faisons connaître nos attentes.

Plusieurs dossiers de juridiction fédérale ont été traités dans les derniers mois. Pensons notamment à la gestion de l’offre qui a été passablement malmenée dans les négociations du Partenariat transpacifique (PTP) toujours en cours. La campagne électorale est le moment de réitérer nos positions fermement pour que le futur gouvernement prenne les choses en main et fasse connaître haut et fort aux autres pays impliqués dans ces négociations que l’intégralité de la gestion de l’offre est là pour rester au Canada. Les élus doivent s’assurer que les conditions d’accès au marché soient égales, sinon meilleures que les autres pays membres du PTP. Lire la suite


14
juillet
2015

On l’attendait depuis longtemps et c’est maintenant chose faite : le Miam (le Meilleur de l’industrie agroalimentaire de la Mauricie) est maintenant l’appellation qui sera apposée sur nos produits régionaux. Cette nouvelle marque permettra aux gens d’ici de reconnaître plus facilement les produits cultivés ou transformés en Mauricie et pourra, de cette manière, contribuer plus concrètement à l’essor de notre industrie agricole et agroalimentaire.

Pour nous, producteurs agricoles, il importe de se rapprocher de notre marché local et cette nouvelle identité alimentaire en facilitera l’accès. Rappelons que la Mauricie, c’est 1000 entreprises agricoles, trois marchés publics (bientôt quatre!), des centaines de restaurants et de détaillants d’alimentation. L’industrie agroalimentaire emploie pas moins de 17 000 personnes, ce qui la place comme un acteur majeur du développement économique de notre région.

Cette initiative s’inscrit encore comme un bon coup du Plan de développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Mauricie (PDAAM), dont l’UPA Mauricie est un fier partenaire. En plus d’encourager la population à consommer des aliments élevés, cultivés, péchés, transformés ou cuisinés en Mauricie, le Miam apportera une notoriété et une image distinctive sur notre production, ici comme ailleurs. D’ailleurs, nous n’avons rien à envier aux autres régions du Québec. La Mauricie a su se distinguer notamment dans certains créneaux de niche comme les alcools (la renommée de notre bière n’est plus à faire avec de nombreux prix nationaux), nos produits issus de la forêt tels que les champignons sauvages, les viandes de spécialité et bien plus encore!

La Mauricie a donc maintenant son appellation « festive » et distinctive et j’invite les producteurs à se joindre à cette appellation. Plus il y aura une grande participation à cette campagne et plus rapidement cet identifiant fera écho dans la tête des consommateurs. Augmenter la consommation des produits d’ici aura un impact positif pour nos producteurs et permettra de consolider notre position dans l’économie locale et régionale. Qui plus est, la stratégie de communication accompagnant cette initiative offrira une vitrine exceptionnelle pour nos productions, et ce, à peu de frais.

Longue vie au Miam et vive les produits de la Mauricie!
Gens de la Mauricie : à vous de dire « Miam »!








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