Pourquoi implanter une culture de couverture?
Une culture de couverture permet de garder le sol vivant et protégé entre deux cultures principales. Selon les espèces choisies, elle peut contribuer à couvrir le sol, retenir les éléments nutritifs, améliorer la structure du sol, fournir de l’azote, réduire l’érosion ou encore briser certains cycles de maladies et de ravageurs.
L’objectif n’est pas seulement d’avoir du vert à l’automne : c’est de choisir une pratique adaptée à son champ, à sa rotation et à ses besoins agronomiques!
Questions fréquentes
sur les cultures
de couverture
Le choix d’une culture de couverture dépend d’abord de l’objectif poursuivi : apport en azote, couverture rapide du sol, amélioration de la structure, rétention des éléments nutritifs ou gestion de certains ennemis des cultures.
La fenêtre de semis est aussi déterminante. Un semis au début ou à la mi-août permet d’envisager certaines légumineuses, comme le pois, tandis que des céréales plus tolérantes au froid peuvent être implantées plus tard en septembre pour assurer une couverture rapide.
Avant de choisir les espèces, il faut aussi tenir compte de la rotation, des maladies possibles, des ravageurs et des herbicides résiduels utilisés dans le champ.
Comme pour une culture principale, la qualité du semis est déterminante. Le contact sol-semence est particulièrement important : la graine doit pouvoir absorber l’eau nécessaire à sa germination, sans manquer d’oxygène dans un sol trop compacté.
Pour améliorer les chances de réussite, il est recommandé de semer rapidement après la récolte, de choisir un équipement adapté aux espèces utilisées et, lorsque possible, de profiter d’une pluie ou d’une bonne humidité du sol.
En semis à la volée, le passage d’un rouleau peut aider à améliorer le contact sol-semence.
Un semoir à céréales convient bien aux pois et aux céréales. Les petites graines, comme le radis, peuvent être placées dans le petit treillis.
Le choix de l’équipement dépendra des espèces semées, du type de sol, des conditions au champ et de la méthode d’implantation retenue. L’important est d’obtenir un semis uniforme et un bon contact entre la semence et le sol.
Un automne favorable peut produire un couvert dense. Cette biomasse est intéressante, mais elle doit être planifiée pour préserver de bonnes conditions de semis au printemps.
Selon les espèces et les objectifs, différentes options peuvent être envisagées : laisser le couvert mourir au gel, faucher à l’automne, effectuer une destruction mécanique ou, dans certains cas, utiliser un herbicide pour les espèces qui survivent à l’hiver.
Il faut toutefois garder en tête que certaines interventions, comme le travail du sol à l’automne, peuvent entraîner la perte de la couverture hivernale et rendre la parcelle non admissible à certaines aides financières.
L’apport potentiel en azote peut être estimé à partir de trois éléments : la biomasse produite, le pourcentage d’azote contenu dans le couvert et le coefficient de minéralisation.
Le calcul de base est :
Biomasse × % d’azote × coefficient de minéralisation
Cette estimation donne une indication utile, mais elle ne remplace pas une mesure au champ. L’azote réellement disponible dépendra du moment et des conditions de minéralisation.
Des outils comme Nitrachek et Soil Scan permettent de mesurer l’azote disponible près du moment où la culture principale en a besoin, par exemple avant la deuxième fertilisation du maïs.
Ces mesures permettent d’ajuster la fertilisation minérale de façon plus précise, plutôt que de se baser uniquement sur une estimation théorique.
Le bilan doit tenir compte de plusieurs éléments : coût des semences, semis, travail du sol, herbicides, économies d’engrais, rendement et effets sur la santé du sol.
Certains gains sont faciles à chiffrer, comme une économie potentielle d’engrais. D’autres sont plus difficiles à mesurer à court terme, comme l’amélioration de la structure du sol, la réduction de l’érosion, la rétention des éléments nutritifs ou l’activité biologique du sol.
L’important est de comparer ses résultats d’une année à l’autre pour adapter ses choix aux réalités de ses champs.